23h. Je viens de finir mon post sur les Chemical (c'est que vous me prenez beaucoup de mon précieux temps) et ca m'a donné une sacrée envie de sortir. C'est vrai ca, je ne peux décemment pas passer autant de temps a Porto et faire l'impasse sur les nightclubs, la ou tu ondoules des fesses et tu move ton body. Apres activation de mon réseau d'informateurs locaux (le desk de l'hôtel et Google), je jette mon dévolu sur Le Chic (!!!), en pleine zone industrielle, qui accueille ce soir Dimitri From Paris.
Le temps de peaufiner le post, de diner, et hop! re-taxi. Le chauffeur se marre parce que je viens chaque fois avec un bout de papier, une adresse toute pourrie et incomplète que j'essaie de baragouiner en portugais, mais bon finalement on y arrive.
C'est donc effectivement une zone industrielle, mais le samedi soir a 2h c'est un peu le Strip de Las Vegas (toutes proportions gardées). Il y a aussi la l'Industria, ou viennent régulièrement des DJs internationaux, mais ce soir c'est la nuit de gloire du Chic!
Et c'est a ce moment que la réalité me frappe durement: Mory, tu es seul! Si ca se passe comme a Paris, je risque de rebondir a l'entrée comme une bille de flipper. Et ca me ferait vraiment très, très mal a mon petit amour propre de me faire jeter ... Bon, quitte a me faire jeter, autant le faire discrètement, c'est a dire pas juste devant la boite.
J'aborde deux jeunes filles qui, a la coupe minimaliste de leur jupes, se dirigent visiblement vers la boite - eh, les gazelles! Non je déconne, si un jour je faisais ca je vous serais reconnaissant de me coller un grand coup de batte de baseball derrière le crane (ca peut paraitre violent, mais peut-être un autre jour je vous expliquerai pourquoi). "Do you speak English?" Regard étonné pour l'une, franchement suspicieux pour l'autre. Visiblement elles ne parlent pas trop Anglais, mais après quelques explications avec force mouvements des mains, elles comprennent que je veux juste les accompagner a l'intérieur, pas les découper en morceau au milieu de la rue. Dix euros plus tard me voila dans la boite.
Tout ca pour ca.
Je n'avais pas vu pareille débâcle depuis les boums au collège, ou tout le monde attend sur le coté, en s'écartant scrupuleusement de la piste de danse comme s'il y avait un gros morceau de plutonium radioactif dessus. OK Dimitri n'est pas au sommet de sa forme, un tout petit peu mou le son, mais quand même c'est largement honorable, et puis ca doit pas être facile de se lâcher sur un mix devant des clubbers en terre cuite. Enfin pas tout a fait immobiles les clubbers, il y a quelques touristes Chinois qui se trémoussent au milieu (doivent pas avoir peur de la radioactivité) et deux gogos danseuses aussi chaudes que des portes de prison.
J'aurais bien pu essayer moi aussi de mettre l'ambiance, en courant au milieu de la piste avec une plume dans le c.. mais non, ca suffit comme ca, je me casse. Retour a l'hôtel, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000F.
Tout juste remis de mes émotions apres ma rencontre avec le leader des Babyshambles, je sais que je dois me préparer pour la soirée qui s'annonce intense... Le week end précédent, a l'issue d'une session de "frenzy shopping" ou j'ai laissé s'exprimer la part de féminin qui est en moi (chaussures, parfum ...), je suis tombé sur une affiche qui a immédiatement retenu mon attention: The Chemical Brothers - Praia (plage) - 15€. J'en avais presque laissé tombé mes sacs.
Le concert en question est donc prévu pour ce soir, et je me rends compte que je n'ai pas de billet, que je ne connais pas l'heure de début, ni vraiment le lieu (en fait pas du tout). Et il est 18h, un jour férié. Ca c'est du top management. Finalement avec l'aide d'une charmante hôtesse du desk de l'hôtel, je trouve plus d'information sur le concert. C'est le festival "Mares Vivas", a Vila Nova de Gaia. Manquent pas d'humour les organisateurs, "Mares Vivas" c'est le nom local de la série "Baywatch". Une raison de plus d'y aller, si ca se trouve y aura des jeux avec des bouées.
Bon il est déjà 19h et je ne sais toujours pas a quelle heure ca commence. Vite, un taxi. La c'est pas gagne non plus, il ne voit pas du tout ou se trouve l'adresse que je lui indique. Aie. Il demande un avis au conseil des sages - la douzaine de chauffeurs qui attendent devant l'hôtel - et apres deux minutes de discussion intense et de grands mouvements de bras, se retourne vers moi avec un sourire genre "the situation is under control". Vingt minutes plus tard, me voila descendu du taxi. Il faut marcher un peu pour arriver au festival, pour le moment pas un bruit, décor pastoral, seules les petites pancartes rouges sur les arbres et les pylônes électriques me prouvent que le chauffeur ne m'a pas juste largué dans la pampa. Ah ca y est je suis arrivé, il y a plein de gens qui font la queue, l'instinct grégaire c'est universel. J'achète mon sésame pour l'entrée - c'est marrant il n'y a personne au guichet que j'ai choisi, alors qu'ils sont une bonne vingtaine a côté, j'ai du faire mon touriste. J'attends encore une bonne quarantaine de minutes pour entrer dans l'arene, le temps de passer un coup de fil a un pote qui était censé venir a Porto mais qui a préféré rester a Paris, pour la météo sans doute, ou quelqu'autre activité alternative dont il a le secret :)
Le concert a proprement parler était a chier, j'ai rien a dire dessus.
Ca va je déconne. Etant tout seul, il ne m'a pas été difficile de me glisser au premier rang, la ou les lumières vous aveuglent et les basses font trembler l'estomac.
Pour le warm-up on a eu droit a Andy H (photo au-dessus), un Dj portuguais qui apparemment sévit dans tout le pays. Pour les amateurs de house avec des références éclectiques a la funk, au hip hop, c'est du bonheur en barre.
Personnellement j'ai adoré, et son set d'une heure a bien rempli son objectif, tout le public dansait et était cho di braize pour le groupe suivant, "Da Weasel". Groupe de hip hop, hyper populaire au Portugal, j'étais pas emballé. Les groupes de hip hop francais en général au mieux me font sourire, souvent m'agacent, je m'attendais au pire. Et j'ai eu une bonne surprise.
Un jeu de scène phénoménal, une grande variété dans les titres (rap, reggae, tonalités hard-rock, séance de scratch de dj Glue), et un véritable virtuose a la basse. De la bombe. Le public en redemande, ils prolongent de trente minutes. 2h30 a fond les manettes!
Puis viennent The Chemical Brothers. Précédés par leur énorme plate-forme de mix, un vrai paquebot. Et voila qu'ils ouvrent les vannes sonores et visuelles, tout en finesse, comme toujours, avec un "Galvanize" a réveiller les morts. Ils ont enchainé, mélangé, l'incontournables "Hey Boy, Hey Girl", le révolutionnaire, "Out of Control", le puissant "Three Little Birdies", l'obsédant "Do It Again" pendant plus deux heures, pour finir sur le classique depuis déjà 10 ans "Block Rocking Beats".
J'en ai pris plein les yeux, plein les oreilles, je me suis fait écraser les pieds, bousculé, bref, c'était un super concert. "Block Rockin' Beats" s'éteint, il est 3h du mat', je n'ai pas le numéro de tel du taxi ... je vais encore être joli demain au boulot. Heureusement je tombe sur un couple de Roumains que j'avais vu le matin a l'hôtel, plus prévoyants que moi ils avaient booké un taxi. Vive l'Europe!
Et comme ce concert était exceptionnel, et que je vous aime vraiment beaucoup - ma bonté me perdra - j'ai même trouvé le temps de vous faire un mini-montage avec les moyens du bord.
Contrairement a Paris, le mois d'aout est loin d'être une période morte a Porto. La ville déborde d'expos, de sports a grand spectacle, de concerts.L'hôtel en est un témoin privilégié: au moindre évènement, il y a de fortes chances de voir débarquer tout le staff.
Par exemple mercredi, je suis resté travailler a l'hôtel puisque le bureau était fermé (15 aout, férié également au Portugal). En descendant pour le déjeuner, j'ai tout de suite senti que quelque chose avait changé dans le lobby de l'hôtel.
Oui, les serveurs en livrée marchent a pas feutrés comme d'habitude. Oui, ils sont toujours aussi aimables, prévenants. Oui, la petite musique d'ambiance est toujours aussi ... ambiante.
Ah voila! J'ai trouvé! Le "petit" truc qui a changé se sont les guitares en vrac, les caisses de zicos dans le passage, les grands tatoués, les petits barbus, et la bande de camionneuses en vrac sur les sofas.Le contraste est amusant, entre les clients habituels, l'atmosphère policée du lieu, et ces lads anglais (ben ouais, c'est forcément des anglais) en train de vider le bar a midi.
Je m'installe, pas très loin d'un groupe de quatre (The Sunshine Underground) en train de faire un sort a une multitude de bières. A leur accent bien rocailleux ils viennent du nord, pour un peu je me croirais dans ma bien aimée Leicester.Intrigué, je me dis que ce serait dommage de ne pas être au courant de ce qui se passe dans le coin, alors au bout de quelques minutes je risque un timide "Is there a rock festival around?".
Silence.
Ils s'arrêtent de boire. Se regardent. Puis l'un d'entre eux me répond que oui, il y a un festival. Ensuite, d'un air un peu gêné "but I don't even know the f***ing name nor the f***ing place". OK, c'est pas gagné ... (après enquête le festival c'était le "Festival de Paredes de Coura", dans le nord du Portugal).
Puis quelqu'un est arrivé, c'était l'heure de se rendre au fameux festival-dont-ils-ne-connaissaient-pas-le-nom-dans-un-endroit-inconnu.
Alors tout l'équipage s'est mis en branle, les tatoués, les barbus, les camionneuses, les caisses, les guitares. Quelqu'un me tape sur l'épaule "I dont need it anymore", en me tendant une bouteille de Zubrowska a moitié pleine. Je me dis OK, merci mon gars, mais moi "I dont need it yet".
Je lève les yeux vers le gars (bordel, il est grand) - eh mais c'est Pete Doherty, le chanteur des Babyshambles! Avec la même tête de "mais ou suis-je?" que dans les magazines! Surpris, comme un blaireau j'ai rien dit, et je me suis retrouvé tout seul avec la bouteille de vodka en main, dans le lobby.
Pour commencer, on se sent tres vite tres bien a Porto. Proprette, des habitants aimables, tres bon marché pour nous Français (je parle de la ville pas des gens, je ne me suis pas renseigné sur les tarifs des escort locales). En bon connard de parisien, je dirais que la ville est assez petite, mais jolie et avec du caractère. Le centre historique, appelé "Ribeira", se trouve au bord de la rivière Douro.Il regorge de bars, de restaurants, et une fois que vous en aurez fait le tour vous n'aurez qu'a traverser le pont Luiz 1er - concu par Théophile Seyrig, un disciple d'Eiffel, bande de copieurs - pour arriver a Villa Nova de Gaia, riche en bars et en restaurants. Coté transport, vous aurez droit a un métro pimpant, qui vous coutera la fortune de 3,5€ pour un pass 24h. Les taxis aussi sont bons marché, compter 2x moins qu'a Paris. Par contre, comme chez nous, les chauffeurs sont des escrocs et vont vous enfumer s'ils sentent qu'ils en ont la possibilité.